Facebook mesure le bonheur des internautes : une bonne idée mal exploitée
Posted on : 26-10-2009 | By : Patrick | In : le web qui marche
Mots-clefs :bonheur, e-influence, Facebook, Réseau social
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Chaque jour, les membres du réseau Facebook communiquent ce qu’ils ressentent en mettant à jour leur statut. Grâce aux statuts de ses centaines de millions de membres, modifiés selon leur humeur, le géant du réseau social ambitionne de créer un véritable « indice du bonheur national », limité dans un premier temps au monde anglophone. Sur ce fondement, lorsque les “facebookiens” mettent à jour leur statut en utilisant une majorité de mots qualifiés de positifs – ou une minorité de mots qualifiés de négatifs – Facebook considère cette journée comme plus heureuse que d’habitude.
Sur le fond, l’idée part d’un postulat intéressant : mesurer la progression d’une société en utilisant des paramètres autres que financiers, qui ne reflètent qu’imparfaitement les conditions de vie des gens. En France, la commission Stiglitz, nommée par Nicolas Sarkozy, a proposé de substituer à l’hégémonie du produit intérieur brut (PIB) d’autres indicateurs, tels que « l’empreinte écologique», l’indicateur de santé sociale ou celui du développement durable national pour mesurer le progrès.
L’« indice du bonheur national » de Facebook recueille de nombreuses critiques, y compris des membres de Facebook. L’un d’eux conteste la fiabilité de cet indice. Selon lui, les statuts des membres de Facebook ne représentent pas leur moral du moment. Il souligne, en outre, que le moral d’une personne fluctue au cours d’une journée, en fonction des événements extérieurs qu’il est appelé à vivre.
De son côté, Génération Nouvelles Technologies s’étonne que les seuls membres de Facebook puissent servir d’étalon pour mesurer l’humeur d’une nation toute entière, alors que ni tous les internautes, ni même tous les habitants ne se rendent sur le premier réseau social mondial. Il s’agit là d’un classique argument d’autorité, qui conduit à faire de Facebook un « prescripteur d’humeur ». Par ailleurs, l’outil mis en place ne permet pas de développer des analyses. Les données fournies par les membres de Facebook se révèlent, dès lors, inexploitables. Clubic le souligne sans complaisance : « Avec cette approche Facebook constate que Thanksgiving provoque plus d’avis positifs chez les Américains que Noël ou encore le Nouvel An. Mais en quoi cela peut-il décrire l’état d’esprit d’une population? ».
Enfin, le réseau social, anticipant les critiques sur le respect de la vie privée, a précisé que la surveillance des humeurs serait faite par voie informatique, et non humaine. En outre, la direction de Facebook rappelle que Google génère, sans que personne ne trouve à y redire, des statistiques de même type grâce à Google Trends.
Au final, force est de constater qu’en matière de mesure du bien-être et du progrès humain, Facebook ne fait pas forcément mieux que les autres.En effet, il n’est pas dit que le bonheur puisse jamais être mesuré.



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