Au tour de Xavier Darcos de stresser les entreprises !
Posted on : 12-10-2009 | By : Didier PITELET | In : le web qui marche
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En gestion de crise c’est comme en matière de sécurité routière, il faut atteindre un certain nombre d’accidents pour que les budgets de tels ou tels rond points ou autres soient débloqués pour sauver des vies !
Après les suicides de Renault, il a fallu attendre le triste record de 24 disparus chez France Télécom pour que l’enjeu devienne politique et sociétal, sous la pression des médias, souvent prompts à diaboliser l’Entreprise.
Gouvernants et Partenaires sociaux s’unissent dans un plan antistress : menace d’être jeté à la vindicte populaire de web par le ministre Xavier Darcos (« Vu la pression de l’opinion publique, la transparence est une bonne solution, JDD du 11.10.2009 ») d’une part et demande de sanctions de la par des syndicats d’autre part.
Quel aveuglement collectif face à une situation qui n’a cessé de se dégrader depuis 25 ans ! Jamais le monde du travail, toutes catégories sociales confondues, y compris les cadres dirigeants, n’a été aussi violents et générateur de « mal être ». C’est tout un système de gouvernance qui est à repenser face à la déshumanisation des organisations actuelles.
Face à l’enjeu de l’anonymat dans des structures de plus en plus importantes, du temps inhumain des nouvelles technologies, de la paranoïa des marché financiers, de la rentabilité à court terme (…) l’entreprise a cessé d’être une tribu d’Etres Humains au profit d’un concept virtuel d’énergies de Compétences dédiées au toujours plus.
Osons dire haut et fort que l’équilibre et l’épanouissement professionnel est l’échec cuisant, miroir d’une forme de lâcheté, du modèle de gouvernance qui sévit actuellement. IL N’Y A PLUS DE PATRON A LA TETE DES GRANDES ENTREPRISES MAIS DES SUPER DIRECTEURS FINANCIERS.
Pour preuve combien d’entre eux passent plus de 50 % sur le terrain auprès de leurs effectifs ? Combien utilisent les nouvelles technologies pour converser régulièrement avec leur base ? Combien sont capables de répondre à la question « dans 5 ans de quoi voulez vous être fier en tant qu’employeur » ?
Le bréviaire des bons mots et des bonnes pratiques RH existe ; le capital humain n’a jamais été autant mis en avant ; il le sera de plus en plus d’ailleurs. Mais en matière de management humain il n’y a pas d’intentions il n’y a que des preuves d’engagement.
Dressée au taux d’Ebit et non éduqué à l’autre, la tête a été coupée du corps. L’entreprise ne se vit plus comme une aventure et une ambition collective ; elle n’a plus de guide !
Vouloir sortir du stress impose d’inventer une nouvelle gouvernance qui génère non pas des plans de communication mais de vrais chantiers en termes de proximité et de confiance.
Un patron a le climat social qu’il mérite ; il est et doit être, le seul responsable de l’équilibre humain de son entreprise. Qu’il ou qu’elle soit énarque, centralien, autodidacte, il ou elle doit comprendre que pour livrer des batailles, ses troupes ont besoin de croire en sa parole et de comprendre l’enjeu du combat !
Etre patron est une chance humaine extraordinaire : entrainer, motiver, amener à se dépasser des équipes ça se mérite et ça impose plus de devoirs que de droits !
Malheureusement, comme la mode est aux mandats de 3 à 5 ans chez les dirigeants de grands groupes, le temps humain est relégué aux vœux pieux. Il y a urgence à inverser cette réalité. Il y a urgence à réhabiliter de VRAIS PATRONS, seule vraie réponse aux drames actuels.
Il faut oser bousculer les rites statuaires des états major très éloignés de ceux de leurs équipes ; il faut oser reconnecter vision et réalité ; il faut oser sortir de la communication RH qui a accompagné la rupture de sens au profit de langages et de pratiques vrais ; il faut oser reconquérir le cœur de ses salariés en habitant sa parole de Chef d’entreprise.
Sans don de soi réel, peut-il y avoir de la confiance ?
Petit rappel, 82 % des élèves de grandes écoles sont incapables de citer le nom de plus de 3 présidents du CAC 40 … À méditer pour l’avenir.
Présidents, Dirigeants allez sur le terrain, vivez avec et pour vos troupes, retrouvez la vertu de la proximité, sortez de vos tableaux de bord, exposez votre propre humanité et vous redécouvrirez le bonheur d’être Patron. Pour de vrai.


